Ça y est, on l’a faite cette transat retour ! Que ce fut long ces presque 25 jours… au près exclusivement.
Sur une distance directe de 2750NM, nous avons parcouru 3379NM en 24 jours et 21 heures, en 3 bords de près !!! Nous avions parié pour 19,5j / 21j et 23 j…perdus !
Le premier bord Tribord Amure a duré 16 jours ! Inutile de dire que le virement était attendu…mais nous avions pris nos marques, penchés sur bâbord et il a fallu se téadapter sur l’autre bord…
Entre temps, il y avait eu des évènements pour rompre la monotonie : passage de l’Equateur avec le baptême de Cédric et offrandes à Neptune, passage du Tropique du Cancer, pêche d’un beau thon de 10-12 kg (on en a mangé pendant 4 jours…). Nous avons eu une nuit un navire de sauvetage (identifié à l’AIS) qui fonçait vers nous avec 3 aéronefs mais s’est arrêté à 3 milles… l’écoute de foc qui casse 2 fois (ça fait du bruit !)… Et aussi dès le départ : Amanda nous a préparé un gateau sans gluten qu’elle nous offre au moment de larguer les amarres (miam merci Amanda)… le point d’amure de la GV qui casse au niveau du vit de mulet (filetage) au moment de hisser en sortant de Jacaré (Cedric nous répare ça en 1/2h avec un montage dynema qui tiendra impeccable toute la transat).
Je passe sur les petits problèmes d’alimentation gasoil du moteur , mais quand on découvre que le filtre du pré-filtre décanteur est encrassé pour ne pas avoir été changé, je suis un peu honteux de cette erreur, facilement résolue après nettoyage minutieux du filtre à la brosse à dent (pas de spare à bord…).
La météo n’a pas été trop mauvaise, nous avons eu max 38 nœuds dans une rafale, et en moyenne 22 à 25 nœuds de vent, mais une mer hachée croisée, jusqu’à 4m de creux parfois. Surtout, le vent soufflait systématiquement de là où nous voulions aller (les Açores), nous apportant en imagination le parfum des fameux Pasteis de Nata que nous aimons beaucoup tous les 3 !!! Donc du près, du près et encore du près…
2 incidents plus embêtants : quelques heures après notre 1er virement, la drisse de foc casse au capelage (on sait qu’il y a du ragage et on aurait du affaler plus tôt pour vérifier…) et le foc part à la mer… Il a fallu toutes nos forces à 3 pour le récupérer et le ranger en sac. On sort le tourmentin-trinquette sur le bas étai et c’est reparti, évidemment sous-toilé sur l’avant. Mais nous avons pu équilibrer le bateau et faire la route. Le gros sac du foc encombrant dorénavant le carré…
Puis, 2 jours avant d’arriver, les 2 pilotes lâchent à quelques heures d’intervalle… la chaîne du pilote rotatif casse (elle était ancienne), et la vis sans fin du pilote vérin casse également… On barre plus souvent à la main donc, mais également on arrive à attacher la barre à roue dans une position équilibrée pour faire la route, avec un peu plus de « S »…
Ce fut une belle transat, la plus longue pour chacun de nous, des ennuis techniques mais rien de grave, beaucoup de près, et Patrick et Cedric ont rivalisé en cuisine : le croque-monsieur au thon : un délice, et les filets de daurade poëlés, superbe… sans compter le ragout de thon aux légumes de Cédric (j’en reprendrais bien encore…), les galettes de Patrick et autres…
Merveilleuse entente à bord tout du long, même dans les moments difficiles, une belle ambiance réjouissante qui permet de dépasser la monotonie de certains jours et de surmonter les problèmes techniques.
La cérémonie de passage de l’Equateur nous laissera un souvenir spécial, surtout à Cedric qui s’est pris par surprise un seau d’eau de mer en pleine face (c’était une exigence de Neptune !), avant de trinquer une Caïprinha et déguster des galettes tous les 4 (Neptune a bu et mangé comme nous 3…).